Les contrats d’édition de musique

Notions de base

Les contrats d’édition lient le(s) auteur(s) d’une composition musicale et l’éditeur de musique. Ils portent sur les droits de propriété et les droits relatifs à l’administration des droits d’auteur de composition(s) musicale(s).  Le rôle de l’éditeur de musique est de trouver des utilisateurs pour une œuvre, délivrer les permis pour son utilisation, percevoir les redevances et transmettre une portion de l’argent perçue à l’auteur-compositeur. En échange, l’auteur-compositeur cède 50 % de ses droits d’auteur sur l’œuvre à l’éditeur (en vertu du contrat d’édition) ou seulement le droit d’administrer pour lui la partie d’édition de leurs droits d’auteur (un contrat d’édition administratif)

 

Soulignons qu’un auteur-compositeur peut seulement céder le pourcentage de droits d’auteur qu’il a pour une œuvre. Par exemple, si une œuvre a deux auteurs-compositeurs et chacun a un intérêt égal dans cette œuvre, chaque auteur-compositeur peut seulement céder leur propre intérêt de 50 % à un éditeur.

Une distinction doit aussi être faite entre les contrats qui portent sur une œuvre déterminée (contrats non exclusifs) et les contrats qui portent sur plusieurs œuvres produites au cours d’une période donnée (contrats exclusifs). Un contrat non exclusif cède les droits d’édition d’une composition musicale déterminée à l’éditeur. Un contrat exclusif cède habituellement les droits d’édition d’un catalogue de chansons pour une durée déterminée de temps. En outre, il existe une variété de contrats qui se situent entre ces deux types de contrat.

Les grandes lignes du contrat

Un contrat type d’édition stipule comment l’auteur-compositeur est rémunéré par l’éditeur après que les redevances et les droits de permis ont été perçus. Le contrat précise aussi quelle proportion des redevances est attribuée à l’éditeur et à l’artiste. Traditionnellement, l’éditeur touchait à 50 % de tout le revenu généré par l’œuvre, mais il arrive maintenant souvent qu’il touche plutôt à 25 % du revenu en vertu d’un contrat d’édition ou à 15 % en vertu d’un contrat administratif. Le contrat peut aussi prévoir quels types d’utilisations de la musique sont admis par l’auteur. Par exemple, si le contrat d’édition ne contient aucune clause sur la délivrance de licences de la musique à des fins commerciales, l’éditeur pourrait utiliser la musique dans une publicité de télévision sans demander la permission de l’artiste. Un contrat d’édition est donc important comme moyen de subsistance de l’auteur-compositeur, mais aussi comme moyen de défendre son intégrité artistique.

Dans la plupart des contrats d’édition, l’octroi des droits est pour la toute la durée du droit d’auteur des œuvres transférées. Cela veut dire que l’éditeur est propriétaire d’une part de 50 % des œuvres pour toute la durée du droit d’auteur (qui aux États-Unis s’étend sur toute la vie de l’auteur-compositeur et les 70 années qui suivent sont décès, alors qu’au Canada il s’étend sur toute la vie de l’auteur-compositeur et les 50 années qui suivent sont décès). Cependant, de plus en plus d’auteurs-compositeurs cèdent leurs droits d’auteur à l’éditeur pour une durée limitée de temps, ou sont liés par un contrat administratif (décrit ci-haut) par lequel ils conservent les droits d’auteur de l’œuvre. Les auteurs-compositeurs peuvent aussi négocier un retour des droits d’auteur. Par exemple, un auteur pourrait essayer d’obtenir l’accord de l’éditeur que si un œuvre qui lui est cédée n’est pas enregistrée et sortie en disque, utilisée dans un film ou une émission de télévision, etc., dans un délai convenu, le droit d’auteur retourne à l’auteur-compositeur.

L’auteur-compositeur sans éditeur

Si un auteur-compositeur n’a pas d’éditeur de musique, il doit négocier directement avec ceux qui veulent obtenir la permission d’utiliser ses œuvres. L’auteur-compositeur peut aussi devenir membre de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN)  et de l’Agence canadienne des droits de reproduction musicaux limitée (CMRRA). Ces organisations perçoivent et distribuent les redevances qui sont payées pour les droits de représentations et les licences de reproduction mécanique (une description de ces licences sera bientôt affichée sur notre site internet). Qu’il ait un éditeur ou non, l’auteur-compositeur peut s’inscrire à ses organisations.

Questions à se poser lors de la négociation d’un contrat d’édition

Est-ce que l’éditeur a le droit de modifier le titre de l’œuvre et/ou réviser les paroles?

Si l’auteur-compositeur se soucie de l’intégrité artistique de son œuvre, il peut s’assurer dans le contrat que l’éditeur n’a pas le droit de modifier son œuvre sans son consentement.

Est-ce que l’éditeur doit obtenir le consentement de l’auteur-compositeur pour les licences de synchronisation (utilisation de la musique dans les films, la télévision et les chansons publicitaires)?

Si le contrat d’édition ne contient pas d’obligation de consultation, un éditeur peut autoriser l’utilisation de l’œuvre ou du catalogue de musique à n’importe quel projet commercial ou artistique, même si l’auteur-compositeur s’oppose à une telle utilisation de leur œuvre. Néanmoins, il n’est pas toujours pratique pour l’auteur-compositeur d’inclure des droits d’approbation complets dans son contrat de synchronisation. Ces licences sont souvent lucratives, mais exigent des délais d’exécution rapides. Par conséquent, beaucoup de contrats donnent un délai de cinq jours pour approuver l’utilisation ou l’approbation est réputée avoir été donnée.

Quel pourcentage du revenu généré par une œuvre ou un catalogue de musique revient à l’éditeur?

Habituellement, l’éditeur est accordé au plus 50 % des redevances. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de négocier pour un pourcentage de l’éditeur différent.

Est-ce que le partage de l’œuvre est clairement indiqué lorsqu’il y a plus qu’un auteur-compositeur?

(Par exemple, auteur-compositeur XX – 33,33 %; auteur compositeur XY – 33,33 %; auteur-compositeur XZ – 33,34 %) Un auteur-compositeur s’assure habituellement que le partage de la chanson est indiqué dans le contrat de façon claire et exacte pour plusieurs raisons, dont le désintérêt de payer une large somme pour une licence qui indique de façon vague le partage de l’œuvre.

Quelle est la durée du contrat?

La durée des contrats administratifs peut s’étendre de un an jusqu’à parfois quinze ans.